Intervention de G.BREDENT au meeting du Gosier le 30 Mai 2009

Madame le Député européen, Monsieur Dominique Larifla, Monsieur le président du Conseil général que je vois parmi nous, mesdames et messieurs, chers amis,

Madame la Député, je veux avant tout saluer et vous remercier d’être présente ce soir à mes côtés. En cette période de campagne européenne, en dépit de vos nombreux engagements à la Martinique, vous avez tenu à consacrer un temps précieux à la Guadeloupe qui prouve que la cohésion et la solidarité de « l’Alliance » n’est pas un vain mot.
Cher Dominique, tu me fais l’honneur d’être à mes côtés et je te remercie de m’apporter ton indiscutable expérience de parlementaire, et au-delà d’homme politique. Permets-moi d’y voir le signe de la crédibilité de ma candidature !
Chers Amis, je veux m’adresser à vous sans langue de bois, sans utiliser le langage de la séduction électorale…oui, je veux m’adresser à vous en toute franchise car au fond, la construction européenne est un sujet trop incontournable qui conditionne bien trop notre quotidien, notre avenir pour être instrumentalisé.
L’Europe vous semble loin…je le sais ! Les questions européennes vous semblent abstraites…vous m’en avez souvent fait la confidence…Je sais que vous vous demandez aussi à quoi servent les députés européens !
Tout cela relève de préjugés, d’idées préconçues : Mais non, l’Europe n’est pas loin, l’Europe n’est pas abstraite car l’Europe c’est chez nous, l’Europe c’est grâce à nous, nous l’outre-mer, nous la Guadeloupe !
Et en Guadeloupe plus qu’ailleurs ! Et c’est pour cela que je me suis engagé avec Madeleine de Grandmaison au sein de « l’Alliance des outre-mers ». En fait il faudrait même plutôt dire « l’Alliance POUR les outre-mers » car alors que les partis parisiens daignent consacrer un paragraphe de leur programme national à l’outre-mer, « l’Alliance » à un programme ENTIEREMENT dans les outre-mers, pour les outre-mers.
« l’Alliance » parle aussi de l’Europe des « 28 identités » parce que nous savons que l’outre-mer français a droit à une place à part entière et entièrement à part au sein de l’Europe.
NE NOUS TROMPONS PAS D’ELECTION : il ne s’agit ni d’une élection législative, ni d’un entraînement pour les régionales ! Le Parlement européen n’est pas le Parlement français, l’Europe n’est pas une République et donc NOUS POUVONS REVENDIQUER NOTRE IDENTITE économique, culturelle, sociale, régionale et géographique. L’outre-mer, la Guadeloupe est différente des autres RUP parce que nos régions sont les seules à être présente sur les trois océans et NOUS permettons à l’Europe d’être présente de par le monde.
La République française tolère les spécificités locales mais ne peut les reconnaître car elle est une et indivisible. La France ne peut donc signer la charte européenne des langues régionales qui serait une atteinte à l’unité de la République.
Mais l’Europe n’est pas une République, c’est donc UNE CHANCE pour l’outre-mer, UNE CHANCE pour exprimer son identité tout en respectant le cadre républicain.
En cela, nos enjeux, nos problématiques sont au même rang que celle de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne et « l’Alliance » entend les revendiquer au Parlement.
NE NOUS TROMPONS PAS DE PARLEMENT : l’Europe c’est l’Europe des lobbys, une Europe où chaque pays essaie d’obtenir le maximum. Voilà pourquoi « l’Alliance » dit que nous avons besoin de deux députés unis sur les mêmes rangs plutôt que trois députés éparpillés !
« l’Alliance » ne veut pas émietter la voix de l’outre-mer.
« l’Alliance » est VOLONTAIREMENT autonome et indépendante des partis parisiens parce qu’elle ne veut pas être le jeu de la politique et des stratégie nationales de ces partis. Pourquoi les eurodéputés socialistes n’ont-ils pas signé la résolution proposée par Madeleine de Grandmaison tendant à reconnaître l’esclavage comme crime contre l’Humanité ? C’est ce qui arrive lorsque l’outre-mer a fait l’objet de si peu de réflexion qu’elle aboutit à trois lignes sur un programme. Or, cette résolution est vitale pour nous petits fils d’esclaves qui postulons que cette tragédie de l’esclavage doit rester dans la mémoire collective de l’humanité pour qu’elle ne se répète pas y compris sous des formes contemporaines.
Mes chers compatriotes, chers amis, chers électeurs, certains vous diront et disent déjà que je suis caché sur la liste, que je n’ai aucune chance. Mais ce sont ceux qui soit n’ont pas compris le mode de scrutin soit trompent les électeurs pour faire de ce scrutin un entraînement pour les régionales à venir.
Vous ont-ils dit qu’il ne faut pas seulement obtenir de bons résultats EN GUADELOUPE et être tête de liste pour être élu ?
Se rappellent-ils les résultats de 2004 ?
Vous ont-ils dit que les sièges sont attribués selon les suffrages obtenus dans les ONZE COLLECTIVITES de l’outre-mer ? Qui, entre 2004 et 2009 a sillonné ces collectivités pour se faire connaître, pour travailler pour ces collectivités avant de leur demander leurs suffrages ?
Sont-ils conscients que « l’Alliance » est une liste qui bénéficie du crédit de ses résultats de 2004, de la crédibilité des cinq années de travail au Parlement, que Madeleine de Grandmaison est la seule candidate qui a une véritable expérience de l’Europe parmi tous les autres candidats ? Sont-ils conscients qu’elle a poursuivi brillamment le travail du pionnier Paul VERGES ?
IL N’Y A QU’UNE REPONSE A CES QUESTIONS  SCABREUSES du candidat des verts: LE VOTE ET LE VOTE MASSIF POUR LA LISTE « ALLIANCE DES OUTRE MER ». OUI, grâce à vos suffrages massifs, je peux être et je suis le mieux placé pour être le député européen de la Guadeloupe ! « l’Alliance » est un relai, parce qu’elle est cohérente jusqu’au bout, qu’elle incarne son union.
Ainsi, la Réunion a passé la relai à la Martinique par le biais de Madeleine de Grandmaison, qui à son tour me le passera le moment venu et ainsi de suite afin que chaque collectivité d’outre-mer siège pas seulement en fonction de son poids démographique et donc électoral.
QUELLE EUROPE VOULONS-NOUS ? Quelle Europe veut « l’Alliance » ? Quelles sont les revendications de la Guadeloupe que je défendrai au Parlement européen ?
Pendant 45 jours, aux quatre coins de la planète, les médias ont parlé de la résistance sociale des Guadeloupéens qui ont dit leur refus d’une organisation économique injuste. La Guadeloupe au fond a dit ce que pensent de nombreux salariés de cette planète, dans ce contexte actuel de crise économique, sociale, alimentaire que l’on connait dans certains pays.
Pour moi, ce serait une régression que de nous enfermer dans un débat franco-français quand la Guadeloupe a été considérée comme une pionnière exemplaire par la dimension populaire et démocratique de sa lutte contre les abus du capitalisme.
La Guadeloupe a donné une leçon sociale !
MAIS, ne passons pas pour des agités incapables de s’exprimer autrement que dans la révolte : il faut que la Guadeloupe donne à l’occasion du scrutin européen UNE LECON DE MATURITE DEMOCRATIQUE ET CIVIQUE en votant massivement. La Guadeloupe tient l’occasion de battre les records de participation le 6 juin prochain !!!
C’est une Europe qui met en œuvre en outre-mer ces valeurs de progrès social, économique, culturelle que je veux pour la Guadeloupe. Je ne veux pas d’une Europe libérale qui au nom de la libre circulation considère les territoires comme des marchés et les individus comme des biens.
L’Europe doit harmoniser les modèles sociaux en améliorant les modèles les moins avancés. Car sinon que se passera-t-il?
Dans une unique logique de rentabilité, on verra (on le voit déjà, du reste), des entreprises françaises délocaliser leur production dans les pays de l’est en proposant à leurs salariés de les suivre pour des salaires de …120 euros par mois ! C’est cela le dumping social et c’est ça l’Europe libérale, l’Europe de la libre circulation.
Je veux une Europe qui fixe un salaire minimum aligné sur le haut.
Pour l’outre-mer pour la Guadeloupe, je veux une Europe qui négocie aussi un salaire minimum dans la Caraïbe en profitant de la négociation des Accords de Partenariat Economique. Bruxelles dit que les APE doivent favoriser le développement des pays ACP et je suis d’accord avec cet objectif.
Mais je ne suis pas d’accord lorsque l’Europe fait de la concurrence la clé du développement économique de surcroît en sacrifiant l’outre-mer.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Pour conquérir les marchés de la Caraïbe, l’Europe s’apprête à ouvrir nos frontières, à laisser entrer les productions agricoles des pays de la Caraïbe et de l’Afrique en outre-mer. On sait que la Caraïbe et l’Afrique produisent à des coûts bien moins élevés que chez nous et cette ouverture tuera nos productions locales.
Mais pire encore : nous n’aurons pas le droit avant 2013 d’exporter nos productions vers ces pays. Il est là le sacrifice de l’outre-mer, de la Guadeloupe. Si nous ne disons rien, si nous laissons aux partis parisiens les rennes des APE, les APE feront autant de ravages sur notre agriculture que le chlordécone!
Je serai votre député européen au moment de l’ouverture des négociations de l’octroi de mer parce qu’aujourd’hui personne ne sait si l’octroi de mer sera maintenu après 2013 et tout le monde sait que ses recettes sont vitales pour les communes de la Guadeloupe.
L’octroi de mer est d’ailleurs symbolique de la manière dont l’Europe conduit sa politique en outre-mer : il faut tout négocier au coup par coup et notre statut fondé sur le fameux article 299§2 du Traité de Maastricht fait de la dérogation un principe. Or, qui dit dérogation dit incertitude, dit imprévisibilité, dit insécurité juridique et économique. Je dis aussi que la dérogation peut même constituer un moyen de pression déguisé.

Je veux un statut européen de l’outre-mer avec une définition des objectifs de développement par secteurs, pas une négociation au coup par coup qui place aujourd’hui la Martinique dans une incertitude parce que sortie de l’objectif 1 elle ne sait pas jusqu’à quand elle disposera des fonds européens alors qu’elle en a encore besoin.
Mais surtout, JE VEUX QUE L’ON NEGOCIE L’OCTROI DE MER SANS QUE LA CONTREPARTIE OBLIGATOIRE SOIT LE PASSAGE A L’ARTICLE 74 DE LA CONSTITUTION !
Saint-Martin et Saint-Barthélemy peuvent instituer des droits de quai car ils sont dans le 74 et la compétence fiscale leur a été transférée.
Or, mes chers amis, les Guadeloupéens choisiront librement, le moment venu, d’évoluer ou pas statutairement. Il ne faudrait pas que l’Europe nous dicte le passage à l’article 74 de la Constitution comme condition du maintien de l’octroi de mer.
Je dis que les populations des départements d’outre-mer doivent pouvoir se déterminer LIBREMENT ET DEMOCRATIQUEMENT, sans pression aucune!
Je veux le maintien de la solidarité nationale, de la solidarité des territoires et des personnes en outre-mer par le maintien de la péréquation des tarifs d’électricité, de la continuité des services publics.
Je ne veux pas que l’Europe oblige la France à mettre fin à la solidarité républicaine qui conduit à la péréquation c’est-à-dire la solidarité des territoires les plus riches avec les plus pauvres sous prétexte qu’il faut ouvrir le marché de l’électricité à la concurrence. L’outre-mer serait encore sacrifiée !
Je ne veux pas que les services publics, rebaptisés services d’intérêt économique général par l’Europe, soient démantelés au nom de la rentabilité et que l’on nous explique demain qu’il ne peut y avoir de bureau de poste ailleurs qu’à Basse-Terre, à Jarry et à Pointe-à-Pitre en raison de l’activité économique et de la concentration de population.
Je veux que le service public reste un lien entre les différents points du territoire car il est aussi un vecteur de développement économique et social.
Je veux une Europe de l’égalité d’accès à la formation pour les étudiants, les salariés : je parle de continuité territoriale européenne. L’Europe ne saurait favoriser uniquement la continuité territoriale avec la France, l’Europe ne peut nous imposer ses règles, nous appliquer ses normes sans permettre à l’outre-mer, qui est une de ses composantes historiques un égal accès au territoire européen.
Je veux que l’Europe crée les conditions de l’indépendance énergétique de l’outre-mer et je veux qu’elle reconnaisse notre biodiversité comme un « écopatrimoine » car c’est de chez nous que l’Europe tire sa richesse écologique aussi. Après les ravages sanitaires et écologiques du chlordécone, il faut des normes écologiques plus drastiques pour nos territoires.

MON AMBITION POUR LA GUADELOUPE, C’EST UNE GUADELOUPE DEBOUT DANS L’EUROPE !
J’appelle de mes vœux que la Guadeloupe, terre de progrès, terre de progressiste, s’implique plus qu’ailleurs dans le débat démocratique européen.
« l’Alliance » incarne ces valeurs et l’outre-mer ne sera crédible aux yeux de l’Europe que si les voix qui s’expriment en son nom sont conformes à la réalité de l’outre-mer.
C’est la Guadeloupe, qui a porté Dominique Larifla puis Jacques Gillot à la présidence du Conseil général, ce sont les terres d’outre-mer qui ont vu naître tant de partis progressistes, ce sont elles qui ont écarté Gaston Flosse du pouvoir en Polynésie, ce sont elles qui ont dirigé la lutte de Jean-Marie Tjibaou en Nouvelle-Calédonie, du PCR à la Réunion … OUI, ce sont toutes ces terres de progrès que « l’Alliance » incarne.
Et c’est à la Guadeloupe qui a ouvert une voie de résistance sociale que je m’adresse et lui demandant de voter le 6 juin, de battre les records de participation pour être debout dans l’Europe !
…Avec l’ALLIANCE…
Avec Elie HOAREAU…
Avec Madeleine de Grandmaison…
Avec moi-même Georges BREDENT.

Georges BREDENT Gosier le 30 MAI 2009

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